Sélectionner une page
h

Découvrir Avernes



Découvrir Gadancourt



Joseph Kessel



Ferdinand de Caix



L’incendie de 1836

h

L’orphelinat ONCF



La gare d’Avernes



La justice Ă  avernes



LibĂ©ration d’Avernes



Monographie de 1899

Découvrir avernes

Le village

Le village d’Avernes se situe au creux d’un large vallon creusĂ© par les eaux de ruissellement des pentes Nord des Buttes d’Arthies.

Les eaux de plusieurs sources, dont l’une captĂ©e qui alimente en eau potable les communes adhĂ©rentes au S.I.E.V.A. (Syndicat Intercommunal des Eaux de l’Aubette) s’ajoutent Ă  celles qui proviennent des buttes avant d’ĂȘtre canalisĂ©es Ă  travers l’agglomĂ©ration. Les bois, prairies et vergers enserrent le village groupĂ© en ordre serrĂ© autour de l’église et pĂ©nĂštrent fort avant aux abords des fermes.

Ce site privilĂ©giĂ© a attirĂ© la prĂ©sence humaine depuis des millĂ©naires. De nombreux silex taillĂ©s et polis, dont certains sont exposĂ©s au musĂ©e de Guiry prouvent l’existence d’un habitat aux temps prĂ©historiques. Actuellement des archĂ©ologues mettent Ă  jour des vestiges de l’époque gallo-romaine et mĂ©rovingienne.

Cependant, le village actuel daterait, selon la lĂ©gende, de l’an 885 oĂč plusieurs familles seraient venues se rĂ©fugier dans des marĂ©cages proche de la forĂȘt Ă  l’annonce de l’arrivĂ©e de pillards Normands. Ils auraient fondĂ© “Avernes ” du nom de l’arbre “Vernes” qui abondait dans cet endroit humide. Nous supposons que le village prit de l’importance au XIII° siĂšcle quand Louis IX dĂ» vendre une partie de la forĂȘt d’Arthies pour payer sa rançon Ă  l’issue de la VIII° Croisade.

L’Ă©glise

L’Église construite Ă  cette Ă©poque fut brĂ»lĂ©e par les Anglais en 1434 puis par les calvinistes en 1590. Elle reçut Ă  la RĂ©volution l’inscription « LibertĂ©, ÉgalitĂ©, Fraternité » au moment oĂč elle fut considĂ©rĂ©e comme ” Temple de la Raison “. La rĂ©forme prĂȘchĂ©e par Calvin connut un grand succĂšs Ă  Avernes oĂč un temple fut construit.

AprĂšs la rĂ©vocation de l’Edit de Nantes en 1685, ce temple fut affectĂ© aux religieuses de Saint Vincent de Paul qui restĂšrent Ă  Avernes jusqu’en 1985. Aujourd’hui y sont installĂ©es les “SƓurs Ancelles du SacrĂ© CƓur”. Le ChĂąteau avec sa porte d’entrĂ©e Renaissance est aujourd’hui un domaine privĂ©.

évÚnements importants

1836
Un violent incendie dĂ©truit tout un ensemble de maisons. Toute la population solidaire se met Ă  l’Ɠuvre pour les reconstruire Ce geste de fraternitĂ© fut souvent citĂ© en exemple dans la rĂ©gion.

10 Février 1980
Le village fut entiĂšrement inondĂ© sous plus d’un mĂštre d’eau Ă  cause de la rupture de la digue d’un Ă©tang privĂ© situĂ© en amont du village.

Juin 1988
Inauguration de la Salle Joseph Kessel, en hommage Ă  cet illustre Ă©crivain qui s’est Ă©teint en 1979 dans sa maison d’Avernes.

Que nous rĂ©serve l’Avenir ?
La municipalitĂ© actuelle essaie de prĂ©server le caractĂšre rural du village, afin que les Avernois profitent d’une vraie vie Ă  la campagne Ă  quelques kilomĂštres de Paris, combien de temps cela durera-t-il ? La rĂ©ponse se trouvera dans le futur SchĂ©ma Directeur de l’Ile de France.

Xavier LERDU

Découvrir le hameau de gandancourt

gadancourt

Cette commune a fusionné avec Avernes le 1er janvier 2018.

Le petit hameau de Gadancourt a une position dominante exceptionnelle qui ne correspond pas Ă  une origine de groupement villageois, mais plutĂŽt Ă  l’implantation d’une abbaye dans un site isolĂ© et Ă  dĂ©fricher.
L’habitat venu plus tardivement ne s’est jamais dĂ©veloppĂ©, le site propre du village limitant son extension. Peu protĂ©gĂ© des vents, le village a gardĂ© un environnement vĂ©gĂ©tal trĂšs dense.

A Gadancourt, l’habitat n’est pas rigoureusement en continu comme la plupart des villages du Vexin français. Cependant, la continuitĂ© construite, formĂ©e par de magnifiques murs de pierre, assure l’unitĂ© d’ensemble, et l’on peut, pour cette raison, dire que l’organisation urbaine du village est de type groupĂ©.

le hameau

C’est l’ülot central, dĂ©limitĂ© par les rues des Faubourgs, rue des BruyĂšres et rue Octave de Boury, qui est le plus fermĂ©.
Des murs en pierre de 0,5 m à 2 m de haut laissent difficilement entrevoir les espaces libres intérieurs tels que cours, jardins et espaces non aménagés.

Les habitations sont relativement petites, l’ensemble Ă©tant dominĂ© par le chĂąteau et ses vastes dĂ©pendances, ainsi que par une grande ferme d’exploitation.
La mail gazonnĂ© et plantĂ© de tilleuls qui entoure l’église, le prolongement de la rue principale par une vaste allĂ©e de tilleuls, la perception des bois derriĂšre les masses construites font exceptionnellement de ce village un ensemble mi-minĂ©ral, mi-vĂ©gĂ©tal, le vĂ©gĂ©tal (arbre et sol gazonnĂ©) ayant tendance a dominer le minĂ©ral.

Les bois

  • Bois de l’Aunaye
  • Bois des AllĂ©e de Gadancourt
  • Bois de la Pierre Droite
  • Bois de la Fosse aux Corbeaux
  • Bois Roger

VISITEZ GADANCOURT EN IMAGES

joseph kessel

son histoire

Romancier, aventurier, journaliste et reporter, nĂ© le 10 fĂ©vrier 1898 Ă  Villa Clara (Argentine) et mort le 23 juillet 1979 Ă  Avernes (Val-d’Oise).

Fils de Samuel Kessel, mĂ©decin juif d’origine lituanienne, Joseph voit le jour en Argentine avant de partir de l’autre cĂŽtĂ© de la planĂšte, Ă  Orenbourg, dans l’Oural, berceau de sa mĂšre. Il n’arrivera en France qu’en 1908.

En 1914, il est infirmier brancardier. En 1915, il est licenciĂ© de lettres et fait ses dĂ©buts de journaliste au Journal des dĂ©bats, dans le service de politique Ă©trangĂšre. En 1916, il est reçu au conservatoire d’art dramatique, et fait quelques apparitions au théùtre de l’OdĂ©on, avant de se porter volontaire dans l’artillerie puis dans l’aviation.

La vie aventureuse et romanesque de Joseph Kessel est lancĂ©e, et transpirera bientĂŽt dans ses premiĂšres Ɠuvres littĂ©raires.En mai 1943, Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon composent les paroles du « Chant des Partisans », qui deviendra le chant de ralliement de la RĂ©sistance. Plus tard, Kessel publiera « L’ArmĂ©e des Ombres », en hommage Ă  ces combattants. À la LibĂ©ration, il reprend son activitĂ© de grand reporter.

Ses voyages l’emmĂšneront jusqu’en Afrique, en Birmanie et en Afghanistan. Autant de voyages qui lui inspireront ses chefs-d’Ɠuvre romanesques : le Lion, Les Amants du Tage, La VallĂ©e des Rubis, Les Cavaliers


joseph.k Ă  avernes

En 1961, Joseph et sa femme MichĂšle, cherchent une maison en dehors de Paris. Ils trouvent, par un ami, “à Avernes, une longue bĂątisse poĂ©tiquement nommĂ©e le Four Ă  chaux de Marie Godard, entourĂ©e d’un hectare et demi de prairies et de bois. Trois grandes piĂšces chauffĂ©es, des cheminĂ©es profondes, une cuisine Ă  l’ancienne au rez-de-chaussĂ©e, et, Ă  l’étage, trois vastes chambres, un bureau et des salles de bain, avec au plafond des poutres sĂ©culaires.”

Un an plus tard, consĂ©cration ultime, il entre Ă  l’AcadĂ©mie Française. Et c’est le 23 juillet 1979, suite Ă  une rupture d’anĂ©vrisme, qu’il s’éteint au 3 rue du Ruisseau Ă  Avernes. Il est enterrĂ© au cimetiĂšre de Montparnasse, mais son nom orne toujours notre salle des fĂȘtes

Maison de Joseph Kessel

Ferdinand de Caix, le dernier prieur d’Avernes

1735-1794

Ferdinand de Caix naquit le 6 septembre 1735, Ă  Ainval (Somme), le quatriĂšme de sept enfants. Il Ă©tait fils de FĂ©lix de Caix et de Marie-Anne Lepage. Celle-ci mourut veuve, Ă  FrĂ©mainville, le 21 juillet 1784. La famille paraĂźt avoir Ă©tĂ© de bonne bourgeoisie : un de ses frĂšres fut officier, un autre religieux. Ses livres de compte nous le rĂ©vĂšlent comme un prĂȘtre suffisamment Ă  son aise.

Nous ignorons oĂč il fit ses Ă©tudes. En tout cas, elles furent poussĂ©es trĂšs loin. Ses connaissances en thĂ©ologie et en philosophie semblent fort Ă©tendues. Parmi ses papiers conservĂ©s aux Archives se trouvent plusieurs sermons, Ă©tudes et cours en latin.

En 1764, il Ă©tait Chanoine rĂ©gulier profĂšs Ă  l’Abbaye de Saulseuse (Eure). Peu aprĂšs, en octobre 1766, il Ă©tait nommĂ© vicaire d’Avernes qui en dĂ©pendait. Son curĂ©, François Violette, ne lui fit pas attendre la place trop longtemps ; il mourut, en effet, le 17 janvier 1768, et de Caix devint curĂ©. Il devait le rester 25 ans. De toutes ses forces, il se donne Ă  sa paroisse, tant sur le plan spirituel que temporel : il s’occupe de trois confrĂ©ries, prĂȘche, organise en dĂ©tail les cĂ©rĂ©monies, tient toute la comptabilitĂ©, fait rĂ©parer l’église. Toutes ces occupations ne l’empĂȘchent pas de rĂ©flĂ©chir Ă  l’état moral et matĂ©riel du ClergĂ© rural. Peu avant 1789, il consigne ses rĂ©flexions en un MĂ©moire de 17 pages, extrĂȘmement agressif envers les AbbĂ©s et gros dĂ©cimateurs qui absorbent les biens du Clergé et ne les font servir, dit-il, qu’à nourrir leur mollesse et Ă  entretenir un faste insultant. AprĂšs avoir tracĂ© un tableau poignant de la dĂ©tresse matĂ©rielle des Ă©glises de campagne, oĂč l’on ne voit que des tableaux dĂ©chirĂ©s, des linges rapetassĂ©s et des ornements pourris, il aborde la question, si grave, des dĂźmes. Il vitupĂšre les inutiles du ClergĂ© qui s’engraissent, dit-il, aux dĂ©pens des pauvres curĂ©s, et verrait avec ravissement l’excĂ©dent disponible des dĂźmes servir aux gages d’un chirurgien qui soignerait gratuitement les pauvres malades.

Il se plaint de ce que les dignitĂ©s ecclĂ©siastiques sont donnĂ©es Ă  la naissance, et que les simples curĂ©s en soient exclus. De Caix, enfin, rĂ©clame la restitution des dĂźmes aux curĂ©s, et le libre choix par eux du maĂźtre d’école. Ce rĂ©quisitoire fut reproduit en partie, mais trĂšs attĂ©nuĂ©, dans le Cahier de dolĂ©ances du ClergĂ©, dont le rĂ©dacteur fut de Caix lui-mĂȘme. De Caix avait Ă©crit trĂšs dĂ©mocratiquement, au chapitre “Constitution des Etats GĂ©nĂ©raux”, “Qu’on recueille les suffrages par tĂȘte et non par ordre : les dĂ©putĂ©s des diffĂ©rents ordres devant se regarder non comme des dĂ©putĂ©s de leur ordre, mais comme ceux de la Nation entiĂšre”. L’assemblĂ©e du ClergĂ© du Bailliage eut lieu le 9 mars, Ă  Mantes. Bien que rĂ©dacteur du Cahier, ce ne fut pas de Caix qui fut Ă©lu dĂ©putĂ©, mais le curĂ© de Flins.

De Caix revient Ă  Avernes. Le 11 dĂ©cembre 1790, il fit la dĂ©claration des biens de la Cure. Il y spĂ©cifia qu’il exploitait lui-mĂȘme 51 arpents de terre, 2 de bois et un d’osier qui lui rapportaient 905 livres. Sa dĂźme valait 9 754 livres. Tous frais dĂ©duits, son revenu Ă©tait de 6 343 livres. Il vendait sa paille aux petites gens qui ont ainsi de la litiĂšre pour leurs vaches “qui leur Ă©pargnent le chauffage car le petit peuple pouvait se retirer dans leur Ă©table pour profiter de la chaleur de leurs bestiaux”.

ProfondĂ©ment attachĂ© au Pape, le curĂ© d’Avernes ne se pressa pas de lire la premiĂšre lettre pastorale du nouvel Ă©vĂȘque Avoine (juin 1791), ce qui le fit dĂ©jĂ  mal voir de la municipalitĂ©, et ce n’est que le 14 octobre 1792 qu’il prĂȘta Ă  la RĂ©publique un serment trĂšs vague et attĂ©nuĂ©. Il continua ensuite son ministĂšre sous le contrĂŽle du ComitĂ© de surveillance de Pontoise.

Le 8 NivĂŽse An II fut dĂ©posĂ©e contre de Caix une dĂ©nonciation anonyme. Il y Ă©tait dit jansĂ©niste, frĂšre d’émigrĂ©, et de convictions tiĂšdes. On l’accusait d’entretenir le fanatisme en recevant les habitants Ă  sa messe, et en faisant faire la premiĂšre communion Ă  des jeunes filles. Il avait mĂȘme, paraĂźt-il, amenĂ© sa MunicipalitĂ© “dindonniĂšre” Ă  faire du premier DĂ©cadi (10e jour du calendrier rĂ©publicain) une fĂȘte religieuse.

Claude Vannier, l’Agent national du district, ayant demandĂ© confirmation de ces commĂ©rages, ce fut Jean-Batiste Potiquet, maĂźtre d’école Ă  Avernes, ancien chantre, ancien greffier de la commune, devenu, le 9 PluviĂŽse An II, vice-secrĂ©taire du ComitĂ© RĂ©volutionnaire de Pontoise, qui fut chargĂ© de l’enquĂȘte. Il attesta l’exactitude des faits contenus dans l’écrit anonyme. Il ajouta mĂȘme que de Caix n’était pas “à la hauteur de la rĂ©volution”, qu’il cherchait Ă  induire les citoyens en erreur et Ă  les persuader que l’acte civil du mariage devait se renouveler par le ministĂšre des prĂȘtres.

Le curĂ© d’Avernes fut arrĂȘtĂ© le 20 NivĂŽse An II et conduit Ă  Pontoise. InterrogĂ© le 26 PluviĂŽse, il avoua qu’en effet il avait fait faire la premiĂšre communion Ă  des jeunes filles, sur la demande de leurs parents, et que conformĂ©ment Ă  la loi, dans ses sermons sur le mariage, il prĂ©conisait le mariage chrĂ©tien aprĂšs le mariage civil. Il languit encore longtemps en prison. Mais le 20 Messidor An II, un arrĂȘtĂ© de Crassous le fit transfĂ©rer Ă  Paris, Ă  Port-Royal. Le 7 Thermidor suivant, brusquement englobĂ© dans la Conspiration des prisons, il fut jugĂ© et guillotinĂ© le 8, en noble compagnie : il mourut le mĂȘme jour que l’EvĂȘque d’Agde, le duc de Clermont-Tonnerre, le marquis de Crussol d’Amboise, Madame de Monaco et de 22 autres condamnĂ©s, dont le plus ĂągĂ© avait 81 ans, et la plus jeune, 21 ans.

D’aprĂšs Henri Lemoine, archiviste dĂ©partemental.

Pendant la pĂ©riode rĂ©volutionnaire le culte de la dĂ©esse Raison fut Ă©tabli dans l’église d’Avernes, d’oĂč l’inscription LibertĂ©-ÉgalitĂ©-FraternitĂ© gravĂ©e sur le porche. Une jeune enfant, fort jolie, paraĂźt-il, fut choisie Ă  cet effet, Marianne Potiquet, nĂ©e en 1783 et dĂ©cĂ©dĂ©e munie des sacrements de l’église en fĂ©vrier 1870


L’abbĂ© Imbert, vicaire d’Avernes de 1790 Ă  1793 fut nommĂ© prĂȘtre constitutionnel pendant cette pĂ©riode. D’aprĂšs les actes de baptĂȘme, les Avernois s’adressaient de prĂ©fĂ©rence Ă  l’abbĂ© Bertaux curĂ© de Wy-dit-joli-village ou Ă  M. Biache, curĂ© de ThĂ©mĂ©ricourt. En 1802, aprĂšs le Concordat en attendant l’arrivĂ©e du premier curĂ© rĂ©sidant, M. l’abbĂ© MĂ©nard, curĂ© de FrĂ©mainville vient desservir la paroisse jusqu’au 20 novembre, jour oĂč M. l’abbĂ© PrĂ©paud prend possession de la cure.

A partir de cette date le culte catholique est rĂ©tabli dans l’église d’Avernes.

NDLR
Si vous visitez la Conciergerie Ă  Paris, un des plus beaux monuments anciens de notre capitale qui nous replonge dans l’histoire de la RĂ©volution, vous trouvez dans une salle la liste de tous ceux qui ont Ă©tĂ© guillotinĂ©s sous la Terreur. Et on y voit le nom de De Caix, ci-devant curĂ©.

L’incendie de 1836

Au dĂ©but de l’hiver 1836

En pleine nuit, une maison de la rue de l’église prend feu.

ImmĂ©diatement chacun se sent mobilisĂ© et vient en secours. Les moyens matĂ©riels de l’époque sont dĂ©risoires : ce sont les hommes se passant les seaux d’eau et l’utilisation des tonnes agricoles (ces internes remplies manuellement et pouvant transporter 1 000 litres, d’oĂč le nom). MalgrĂ© tous ces efforts, le feu se communique et embrase les huit maisons.

Les sinistrĂ©s ont le temps de s’enfuir. Pas de victime, par contre les dĂ©gĂąts dans les maisons sont considĂ©rables : plus de charpentes, plus de portes, plus de fenĂȘtres, plus de mobilier
 plus rien ! ImmĂ©diatement toutes les personnes sinistrĂ©es sont recueillies et hĂ©bergĂ©es par des familles avernoises.

La population d’Avernes pousse plus loin sa gĂ©nĂ©rositĂ©, on s’empresse de dĂ©blayer les dĂ©combres encore fumants. Tous les habitants, les riches comme les pauvres, se mettent Ă  l’Ɠuvre et grĂące Ă  leur concours empressĂ©, les maisons de la rue de l’église sont reconstruites en quelques mois.

Ce courage et cette solidaritĂ© Ă©meuvent au-delĂ  du village, comme le prouve ce reçu trouvĂ© dans les archives de M. l’abbĂ© Chandellier, curĂ© de Rosny. Celui-ci mis au courant des faits (il Ă©tait propriĂ©taire Ă  Avernes des biens ayant appartenu Ă  M. de Montenol) demande le secours de ses paroissiens.

En 1899, rappelant ces faits EugÚne Videcocq, instituteur à Avernes donnait son sentiment sur la solidarité toujours aussi forte des Avernois :

“Depuis neuf ans, nous avons eu l’occasion d’apprĂ©cier la caractĂšre gĂ©nĂ©reux de la population d’Avernes et nous avons pu acquĂ©rir la conviction que si pareil malheur venait l’affliger de nouveau, les sentiments magnanimes de dĂ©vouement et de solidaritĂ© qui se sont manifestĂ©s il y a soixante trois ans se renouvelleraient de nos jours.”

Les Avernois donnĂšrent Ă  la rue, le nom de “rue brĂ»lĂ©e” avant qu’elle ne reprenne officiellement celle de “rue de l’église”, nom qu’elle porte de nos jours.

Voici le reçu de l’abbĂ© Monflier, curĂ© d’Avernes

“Je soussignĂ© curĂ© desservant de la paroisse d’Avernes reconnaĂźt avoir reçu de M. NoĂ«l, marchand de vache Ă  Avernes, pour le compte de Monsieur l’abbĂ© Chandellier de Rosny, la somme de cinquante francs montant de la souscription de Monsieur Chandellier pour les incendiĂ©s de la commune d’Avernes.

Avernes le 22 Dbre 1836
F Monflier.
CurĂ© desser. d’Avernes.”

L’orphelinat national des Chemins de fer Français

Initiative de 1904

C’est dans notre village, en 1904 qu’à Ă©tĂ© créé, Ă  l’initiative du Syndicat National des Cheminots, le premier orphelinat. Les fonds du syndicat Ă©tant insuffisant, c’est aprĂšs l’organisation d’un loterie nationale que fut achetĂ©, en 1911, le chĂąteau d’Avernes. Les premiers enfants y furent accueillis dĂšs le 25 mai 1911.

Avernes est donc, pour ce syndicat, le lieu emblĂ©matique de la crĂ©ation de cette Ɠuvre sociale. Pendant la guerre, l’orphelinat accueille des enfants victimes du conflit, aux cĂŽtĂ©s des pupilles. Puis, l’orphelinat s’ouvre au syndicat national des P.T.T.

Un deuxiĂšme Ă©tablissement s’est ensuite ouvert au VĂ©sinet. Ces deux Ă©tablissements ont aussi accueilli des orphelins victimes de la guerre civile espagnole, puis des orphelins vietnamiens lors de la guerre d’Indochine.

Un troisiĂšme Ă©tablissement fut Ă©galement ouvert au Pecq, en 1948, et un quatriĂšme en AlgĂ©rie. Ce dernier Ă©tablissement sera cĂ©dĂ© par l’ONCF aux cheminots algĂ©riens lors de l’indĂ©pendance.

En 1952, la S.N.C.F. supprime sa subvention au motif que l’association n’était pas ouverte Ă  l’ensemble des cheminots, mais seulement aux syndiquĂ©s.

C’est en 1960 que l’ONCF s’ouvre à l’ensemble des cheminots, et qu’elle reçoit à nouveau la subvention de la SNCF.

Dans les annĂ©es 70, de moins en moins d’orphelins de cheminots y Ă©tant accueillis, l’organisme s’ouvre aux enfants de la DDASS, ce qui modifia sa politique.

Finalement, l’établissement d’Avernes sera fermĂ© en 1985.

Tous les anciens d’Avernes se souviennent sĂ»rement des dĂ©filĂ©s et des fĂȘtes organisĂ©es dans notre village Ă  cette Ă©poque.

En 2004, l’ONCF compte 34 500 adhĂ©rents, pour 842 orphelins.

la gare d’avernes

Une gare pour approvisionner paris

A partir de 1840, le rĂ©seau ferroviaire se dĂ©veloppe principalement sous forme de radiales depuis Paris. L’Etat achĂšte les terrains et rĂ©alise les infrastructures tandis qu’une compagnie construit la voie ferrĂ©e et l’exploite. Pour complĂ©ter ces grands axes, des lignes d’intĂ©rĂȘt local sont construites par les collectivitĂ©s locales pour relier les rĂ©gions agricoles aux Halles de Paris et fournir les produits frais maraĂźchers.

La Compagnie des chemins de fer de grande banlieue exploite la ligne entre Meulan, Sagy et Magny-en-Vexin, inaugurĂ©e le 1er aoĂ»t 1913. La prĂ©sence de l’orphelinat des chemins de fer permet une forte frĂ©quentation de la gare d’Avernes.

Le trajet en « tacot », sur 36 km entre Meulan et Magny-en-Vexin, se faisait en 1h30. En mai 1916, les voies sont dĂ©montĂ©es pour ĂȘtre utilisĂ©es sur le front pour le transport des troupes et du matĂ©riel. Elles seront rĂ©installĂ©es Ă  la fin du conflit. La concurrence de la voiture entraĂźnera la fermeture de la ligne en 1947 et son dĂ©classement dĂ©finitif en 1949.

Ă  l’architecture standardisĂ©e

Le bĂątiment accueillant les voyageurs, caractĂ©ristique des gares de chemin de fer d’intĂ©rĂȘt local, est construit en blocs de meuliĂšre, sur deux niveaux, avec de hautes ouvertures cintrĂ©es et encadrĂ©es de briques. Sur le pignon, entre les traces bleutĂ©es d’une ancienne publicitĂ© peinte « Dubonnet », du nom d’un cĂ©lĂšbre apĂ©ritif, et l’oeil de boeuf, le cartouche rectangulaire rappelle l’emplacement de la plaque Ă©maillĂ©e portant le nom de la station.

 

Maison de Joseph Kessel

la justice Ă  avernes

toute justice émane du roi

Il reprĂ©sente la loi et c’est Ă  lui que revient la charge de la faire appliquer. Mais dans l’organisation administrative du moyen Ăąge, le pouvoir royal est bien loin. Selon le systĂšme pyramidal d’exercice des pouvoirs (de Suzerain Ă  Vassal) le roi dĂ©lĂšgue son droit de haute, moyenne et basse justice au seigneur du lieu, c’est-Ă -dire le jugement et l’exĂ©cution de celui-ci, laissant au justiciable en cas de dĂ©saccord le recours au tribunal royal.

Pour faire un parallĂšle avec notre Ă©poque, nous pouvons faire correspondre la haute justice avec la cour d’assise, la moyenne justice avec le tribunal correctionnel, et la basse justice avec le tribunal de simple police.

Le territoire de la paroisse d’Avernes est calquĂ© sur le cadastre Gallo-Romain, et Ă  part quelques trĂšs lĂ©gĂšres rectifications, ce sont les limites actuelles de notre commune. Ce territoire n’a jamais Ă©tĂ© dans son ensemble le bien d’un seigneur mais a toujours Ă©tĂ© morcelĂ© en plusieurs propriĂ©tĂ©s d’oĂč l’expression Seigneur d’Avernes en partie. De ce fait le seigneur justicier possĂšde des droits sur des terres ne lui appartenant pas.

Au fil des temps, le pouvoir royal se renforce et son organisation administrative s’étoffe, le droit de justice d’Avernes tombe en dĂ©suĂ©tude et va disparaĂźtre par suite de mutation ou faute de personnes dĂ©sirant en ĂȘtre responsables. Ce processus est courant dans toute la France : c’est l’époque des guerres de religion et de nombreux seigneurs ayant soutenu la ligue sont condamnĂ©s et ils perdent une grande partie oĂč la totalitĂ© de leurs pouvoirs, d’autres prĂ©fĂ©rant dĂ©laisser au roi l’exercice de la justice en ces temps troublĂ©s.

Au nom du Roi Henri IV c’est dĂ©sormais le baillage de la ville de Meulan qui a la charge de traiter les affaires de justice de la paroisse d’Avernes. En juillet 1722, M. Ferrand d’Avernes demande au roi Louis XV l’érection de sa terre en Marquisat avec rĂ©tablissement de la haute, moyenne, et basse justice (requĂȘte qui fut refusĂ©e Ă  cette Ă©poque).

Pourquoi le Seigneur Ferrand entame-t-il une action qui semble aussi rĂ©trograde : vouloir rĂ©tablir la justice d’Avernes ?

La raison n’est pas seulement le goĂ»t du pouvoir et celui des honneurs. Elle est beaucoup plus simple : deux seigneurs se partagent la majeure partie du terroir d’Avernes ; ce sont les seigneurs Ferrand et de Boissy qui se haĂŻssent. Tous les efforts de Ferrand consistant Ă  chercher un pouvoir de pression sur son rival et celui de haut justicier en est un.

Un incident va exacerber les rivalitĂ©s et dĂ©clencher le conflit : le garde-chasse de M. Ferrand interdit Ă  M. de Boissy et Ă  ses invitĂ©s de chasser sur leurs terres. Cette plainte dĂ©bouche par la division, le 8 novembre 1720, du territoire de chasse de la paroisse en deux, suite au jugement rendu par M. de Gaillon Lieutenant des MarĂ©chaux de France. Le titre et la fonction de Haut Justicier permet de neutraliser ce jugement, d’oĂč les dĂ©marches effectuĂ©es Ă  partir de ce moment par M. Ferrand de Cossay.

M. Ferrand renouvelle sa requĂȘte en 1725. Celle-ci est accueillie plus favorablement (ce changement d’analyse et de position des officiers du baillage de Meulan restera pour toujours un mystĂšre). Le 26 aoĂ»t 1726, M. de Boissy et M. de Gars seigneur de FrĂ©mainville tentent de la faire Ă©chouer. Ils font savoir que, propriĂ©taires de terres sur le terroir de la paroisse d’Avernes, ils s’y opposent fermement. Ce sera la derniĂšre bataille. Les officiers du baillage de Meulan consentent Ă  cĂ©der leur charge et le 9 avril 1727 ; le Duc de Sully seigneur engagiste du Domaine et ComtĂ© de Meulan consent Ă  cĂ©der la justice d’Avernes contre la somme de 10.000 Livres. En juin, le Roi Louis XV procĂšde Ă  l’établissement de la justice d’Avernes.

Salle d'audience

La salle d’audience est installĂ©e dans le bĂątiment se trouvant Ă  gauche de la porte d’entrĂ©e de « la grande ferme » oĂč l’on peut remarquer les pierres de taille de la porte d’entrĂ©e, aujourd’hui murĂ©e. Elle nous laissera le nom actuel de la rue. La potence est rĂ©installĂ©e sur le sommet dominant le village (endroit aujourd’hui utilisĂ© comme terrain de ball trap), l’emplacement choisi est celui des ruines d’une villa romaine du IVe siĂšcle, oĂč seront tirĂ©es les pierres formant la base du gibet.

Le choix est judicieux : de tout endroit du terroir d’Avernes le monument est visible (son action dissuasive est excellente ou les habitants d’Avernes trĂšs sociables : il n’y aura, pendant toute l’existence de la justice d’Avernes, aucune condamnation Ă  exĂ©cution). De plus l’endroit est incultivable. Sur le cadastre actuel le lieu est toujours mentionnĂ© sous l’appellation «la remise de la justice».

Le 23 septembre 1727 le Lieutenant GĂ©nĂ©ral du baillage de Meulan vient inspecter et vĂ©rifier que la justice peut ĂȘtre rendue dĂ©cemment (vĂ©rification de la salle d’audience, des fourches patibulaires ainsi que la compĂ©tence des juges et du personnel). La justice d’Avernes fonctionnera jusqu’à la RĂ©volution, date Ă  laquelle toutes les justices locales seront abolies.

Avernes fera partie dorénavant de la juridiction de Pontoise.

Extrait de l’article paru dans le bulletin municipal de juin 1997. Auteur : Michel Thomas. 

la libĂ©ration d’avernes

Plus de 60 ans se sont Ă©coulĂ©s depuis ces Ă©vĂ©nements et beaucoup de ceux qui en furent les tĂ©moins ou les acteurs nous ont quittĂ©s. Heureusement les tĂ©moignages qu’ils ont donnĂ©s et ceux des survivants nous permettent de connaĂźtre cette page d’histoire.

ArrivĂ©es Ă  Mantes le samedi 19 aoĂ»t 1944 les troupes amĂ©ricaines s’installent sur la rive gauche de la Seine : deux rĂ©giments US, les 313e et 314e rĂ©giments d’infanterie, passent la Seine avec quelques blindĂ©s et une artillerie rĂ©duite. AprĂšs une bataille sur la rive droite Ă  Limay ils installent une tĂȘte de pont et lancent des patrouilles qui ne rencontrent pas de rĂ©sistance. Les soldats de la Wehrmacht s’enfuient. La patrouille la plus avancĂ©e arrivera Ă  Arthies. ImmĂ©diatement la nouvelle se rĂ©pand dans tous les villages environnants. Les amĂ©ricains sont lĂ , la population se croit libĂ©rĂ©e D’autre part, pour permettre le retrait de leurs troupes de Normandie l’État Major allemand dĂ©cide une contre offensive. Avertis de leur arrivĂ©e prochaine, les AmĂ©ricains se replient.

Le mardi 22 aoĂ»t la 1eSS Panzerkorps renforcĂ©e par la 6e unitĂ© parachutiste et le reste de deux divisions de la Wehrmacht contre-attaquent et contiennent la poussĂ©e amĂ©ricaine sur un front qui passe par Brueil-en-Vexin, Sailly, Drocourt. La bataille durera plusieurs jours, une bataille de chars et d’artillerie. Un exemple du dĂ©luge de feu : nous savons par les rapports de l’armĂ©e amĂ©ricaine que dans la nuit du vendredi 25 il sera tirĂ© par l’artillerie 4600 obus de 105 mm et 1048 obus de 155 mm.

La 1eSS Panzerkorps est Ă©quipĂ©e du nouveau char Koenigstiger (le tigre royal). C’est un char lourd de 68 tonnes. Son blindage le rend pratiquement invulnĂ©rable au tir de l’artillerie. Son point faible est sa consommation excessive en carburant.

Des éclats de voix en langue allemand réveillent les habitants des maisons de la cavée
 Ils sont revenus ! Tout le long du talus de la voie ferrée une unité de parachutistes se repose avant de faire mouvement vers les bois de Galluis.

Avernes est la base arriĂšre de ravitaillement des blindĂ©s allemands. À la ferme de Chantereine est installĂ© un dĂ©pĂŽt d’essence et de munitions pour ravitailler ; les chars restent au bout du chemin au coin de la rue du Clos Prigent et de la dĂ©partementale. C’est une main d’Ɠuvre avernoise qui est chargĂ©e du travail. Les hommes ont Ă©tĂ© rĂ©quisitionnĂ©s sans qu’ils n’aient Ă  donner leur avis, les soldats sont passĂ©s dans les maisons, les ont fait sortie des caves et les ont emmenĂ©s. Il s’agit de rouler les fĂ»ts de 200 litres d’essence pour faire le plein des chars et de les approvisionner en obus de 88 mm.

Le lundi 28 aoĂ»t les Allemands reculent sous un dĂ©luge d’obus. Le front progresse vers Avernes qui se trouve maintenant dans la zone de tir. Les habitants ne quittent plus les caves oĂč ils ont trouvĂ© refuge.

Voici ce que racontait monsieur Roger Delacourt

Nous nous Ă©tions rĂ©unis avec la famille Petit dans la cave du 7, rue de Gadancourt car celle-ci est plus profonde que celle du 9. Nous avions amenĂ© de la nourriture et de la boisson, des poutres pour Ă©tayer, une pioche et une barre Ă  mine pour se dĂ©sobstruer en cas d’éboulement. On entendait les explosions des obus sur le SaugĂ© et la Jolivette.

Dans les prés dominant le cimetiÚre, les vaches en pùture seront décimées par les obus fusants (ce sont des obus à fragmentation qui explosent en altitude et dispensent en pluie leurs éclats).

Le mardi 29 aoĂ»t, les premiers soldats amĂ©ricains atteignent Gadancourt. A l’entrĂ©e du village ils sont pris sous le feu d’une mitrailleuse. Un soldat est tuĂ©. Les amĂ©ricains font intervenir l’artillerie. L’église, le chĂąteau et de nombreuses maisons sont endommagĂ©s. Le soir venu les troupes amĂ©ricaines s’installent dans le bois des AllĂ©es. Les Ă©lĂ©ments les plus avancĂ©s sont arrivĂ©s Ă  Avernes et se sont installĂ©s dans la cavĂ©e. Ils attendront le matin et l’arrivĂ©e des forces venant de FrĂ©mainville pour investir le village.

DĂ©crochant de FrĂ©mainville oĂč une bataille importante a eu lieu (au niveau de la distillerie et du cimetiĂšre) les Allemands se retranchent dans la carriĂšre de la rue Valette, au lieu dit “le four Ă  chaux” et au “bois arrachĂ©â€. Dans ce mĂȘme bois en juin 1940 une unitĂ© de l’armĂ©e française se retranche sur la lisiĂšre nord, met en batterie un canon de 37 mm antichar pour tenter de stopper l’avancĂ©e des blindĂ©s allemands. RepĂ©rĂ©e par ceux-ci elle est anĂ©antie : il y aura 5 morts. Quatre ans aprĂšs, c’est sur la lisiĂšre sud que les allemands se retranchent. Durant leur repli il y aura deux morts : un officier au lieu dit “les Gatz” et un soldat. Les jambes coupĂ©es par un obus, il agonisera dans le fossĂ© en face de la route d’Enfer.

Le mercredi 30 aoĂ»t, c’est sous une pluie battante que se dĂ©roulent les combats. Au 76, Grande rue plusieurs familles sont rĂ©fugiĂ©es dans la cave. Soudain, descendant l’escalier, surgit un SS trempĂ© et Ă©puisĂ©, menaçant de son pistolet les hommes de l’assemblĂ©e. Puis il s’assoit, le pistolet toujours Ă  la main et, aprĂšs un temps paraissant interminable, dĂ©clare dans un français impeccable : “Dans une demie heure tout sera fini pour vous”. Il rengaine son pistolet, se lĂšve et remonte l’escalier. Parvenu Ă  l’extĂ©rieur il retire son poignard d’apparat SS, le jette dans les buissons et s’en va vers son destin


Un soldat amĂ©ricain est tuĂ© d’une balle dans la tĂȘte devant la petite porte de l’orphelinat rue Valette, alors qu’il voulait prendre Ă  revers les Allemands installĂ©s dans les carriĂšres. Sept soldats allemands pĂ©riront. Ils seront enterrĂ©s dans l’angle gauche du cimetiĂšre. Les corps seront relevĂ©s par les autoritĂ©s allemandes plusieurs annĂ©es aprĂšs.

Avernes est libre. La bataille, poursuivie le mĂȘme jour sur les communes de Vigny et du Perchay sera le dernier engagement important en Vexin.

Ce jour, le 30 aoĂ»t, les forces alliĂ©es (au sein desquelles participent des Ă©lĂ©ments de la 2e DB), venant de Paris, passant par Persan-Beaumont, libĂšrent Beauvais. Le 31, la Somme est atteinte, ses ponts sont intacts. Deux jours aprĂšs, le 2 septembre, Dieppe est libĂ©rĂ©e par les Canadiens. C’est cette situation stratĂ©gique qui explique la retraite des troupes allemandes tentant d’échapper Ă  l’encerclement.

Dans leur repli, un trĂšs important matĂ©riel est abandonnĂ©. Au lieu dit “Les Groues” un char Tigre sera sabordĂ© et abandonnĂ©. Plusieurs annĂ©es aprĂšs des ferrailleurs le dĂ©couperont pour l’emporter.

Les prisonniers sont regroupĂ©s sur la place du marchĂ©. Le lendemain un soldat allemand couvert de boue est retrouvĂ© dans le trou oĂč il s’est enterrĂ© pour se protĂ©ger. Il se rend Ă  la population pour rejoindre ses camarades.

La population avernoise est sortie indemne des combats. Une tragĂ©die arrivera plus tard. Partout sur le territoire de la commune gisent des obus et du matĂ©riel militaire abandonnĂ©s. Celui-ci est ramassĂ© et regroupĂ© prĂšs de la gare d’Avernes. Le malheur a voulu que cinq enfants soient entrĂ©s dans le dĂ©pĂŽt et aient essayĂ© de dĂ©monter un obus, le faisant exploser. Ils seront blessĂ©s et une petite fille, Rolande Griez, griĂšvement atteinte dĂ©cĂ©dera le soir mĂȘme.

Les destructions furent heureusement modĂ©rĂ©es. Le clocher de l’église fut endommagĂ©, les Allemands l’ayant transformĂ© en poste d’observation et de tir. Une maison situĂ©e Grande rue, prĂšs de la poste, fut touchĂ©e par un obus. C’est certainement le trĂšs mauvais temps qui explique ce fait, celui-ci empĂȘchant l’aviation d’intervenir.

Merci à Madame Denise CAILLIÉ et Monsieur Alfred BARTHÉLÉMY pour leurs tĂ©moignages.

Pierre SIMON

6 avenue de Campagnan

34230 PAULHAN
Tel 04 67 25 23 47
Courriel : pierre.simon0315@orange.fr

la libĂ©ration d’avernes, vu par p.simon

Mes parents arrivĂšrent Ă  Avernes dĂ©but 1937, mon pĂšre y Ă©tant nommĂ© Facteur Receveur des PTT. J’avais alors moins de trois ans. Ils y vĂ©curent l’immĂ©diat avant guerre, la guerre et l’occupation, la LibĂ©ration et la pĂ©riode Ă©conomiquement difficile qui suivit. Fin 1951, mon pĂšre fut promu Receveur Ă  Mailly-Champagne (Marne) et nous quittĂąmes Avernes.

J’y ai donc passĂ© toute mon enfance, ma sƓur et mes deux frĂšres y sont nĂ©s, je m ‘y suis fait mes premiers copains, j’y ai vĂ©cu mes premiĂšres expĂ©riences heureuses et malheureuses.
C’est pourquoi ce village, tel que je l’ai connu Ă  cette Ă©poque, est restĂ© cher Ă  mon cƓur et j’éprouve beaucoup de plaisir et de nostalgie Ă  l’évoquer ici.

Avernes, petit village du Vexin situĂ© au nord de la Seine, fut le théùtre de combats assez violents entre les troupes amĂ©ricaines et les Allemands dĂ©sireux de les contenir. La libĂ©ration du village lui-mĂȘme dura une bonne demi-journĂ©e. Les AmĂ©ricains y perdirent un soldat et les Allemands eurent quelques tuĂ©s avant de se rendre ou de se replier. Mais auparavant, nous entendĂźmes les bruits de la bataille pendant plusieurs jours et assistĂąmes aux mouvements des unitĂ©s allemandes qui occupaient ou traversaient le village.
Quelques semaines avant la libĂ©ration, nous fĂ»mes tĂ©moins de deux Ă©vĂšnements remarquables. Le premier, un combat aĂ©rien entre un spitfire de la RAF et un chasseur allemand, se dĂ©roula sous nos yeux, au-dessus d’Avernes. L’Anglais abattit son adversaire qui s’abĂźma dans les champs Ă  quelques centaines de mĂštres de l’agglomĂ©ration. Des Allemands stationnĂ©s dans le village partirent en toute hĂąte secourir leur camarade, qu’ils ramenĂšrent sain et sauf. Nous Ă©tions malgrĂ© tout, trĂšs fiers de la victoire de notre champion.
Le second s’avĂ©ra moins heureux, puisqu’un avion bi fuselage toujours de la RAF, fut Ă  notre grand dĂ©pit, abattu Ă  2 ou 3 kilomĂštres du village. Le lendemain des Avernois travaillant dans les champs, renseignĂšrent deux grands gars en civil, au fort accent canadien, qui souhaitaient s’éloigner au plus vite de la zone et se cacher en attendant d’ĂȘtre secourus.
MalgrĂ© l’interdiction de nos parents et de l’institutrice Madame GĂ©det qui nous avait fait la leçon en classe, notre curiositĂ© nous poussait Ă  approcher les Allemands cantonnĂ©s dans le village. Un jour que l’un d’entre eux cassait la croĂ»te en notre prĂ©sence, il nous tailla Ă  chacun une grosse tranche de pain bis, y tartina du beurre puis du pĂątĂ© et nous la donna. Je ne sais plus si nous l’avons remerciĂ©, mais je me souviens que nous dĂ©vorĂąmes notre tartine de bon cƓur, n’étant pas habituĂ©s Ă  manger ensemble sur du pain, du beurre et du pĂątĂ©.
Toujours Ă  la mĂȘme pĂ©riode, mon pĂšre qui cultivait en plus du sien, le jardin du pĂšre Thibault situĂ© Ă  la sortie ouest du village, s’aperçut un jour qu’un canon anti-char allemand Ă©tait dissimulĂ©, avec ses servants, derriĂšre la barriĂšre dudit jardin, face Ă  la route allant vers Meulan. Il se hĂąta de partir et n’y revint qu’aprĂšs la libĂ©ration du village, pour constater que l’engin avait Ă©tĂ© dĂ©truit sur place.
Les combats se rapprochent, il y a beaucoup de militaires allemands dans le village. Ce jour lĂ  j’assiste avec mes copains route de Meulan, Ă  une scĂšne inĂ©dite. Une vingtaine de soldats reviennent de la direction du front. Ils paraissent fatiguĂ©s et donnent l’impression de ne plus vouloir combattre. A l’entrĂ©e du village, ils se heurtent Ă  un gradĂ© furieux qui les harangue mĂ©chamment. AprĂšs un moment, ils repartent vers la zone des combats, accompagnĂ©s du gradĂ©.
Quelques jours aprĂšs, les combats se rapprochĂšrent de notre village. Un obus « Ă©garĂ© » ayant dĂ©truit une partie du mur sĂ©parant le fond de notre jardin de celui de M. Thibault et du presbytĂšre, papa dĂ©cida de creuser une tranchĂ©e pour nous y abriter en cas de besoin. Je participai Ă©videmment Ă  l’opĂ©ration, convaincu d’aider mon pĂšre.

En fait, cet abri ne fut jamais terminĂ©. Quelques jours aprĂšs, l’attaque des AmĂ©ricains nous obligea Ă  aller nous rĂ©fugier avec d’autres, chez M. Papin propriĂ©taire du marchĂ©/ rue de Gadancourt, qui possĂ©dait une cave solide et sĂ»re. Nous y avons vĂ©cu deux ou trois jours, je ne m’en souviens plus. Mon pĂšre allait chaque matin au bureau de Poste occupĂ© par des Allemands, pour s’assurer que tout Ă©tait en ordre.
Le jour de la libĂ©ration, nous entendons dans la cave le bruit des combats. En dĂ©but d’aprĂšs midi il pleut et nous regardons la grande place devant le cafĂ©, face Ă  la ferme Duval. Nous apercevons alors des soldats vĂȘtus d’impermĂ©ables verts, guĂȘtrĂ©s et coiffĂ©s de casques recouverts de filets alors inconnus de nous. Lorsque nous voyons que ces hommes poussent devant eux des Allemands dĂ©sarmĂ©s levant les bras, les adultes de notre groupe comprennent qu’ils regardent nos libĂ©rateurs. Ils se prĂ©cipitent alors vers eux pour les voir de plus prĂšs. Nous les enfants, nous n’avons Ă©videmment pas le droit de les accompagner. Mais j’assiste de loin Ă  la destruction des fusils allemands rĂ©cupĂ©rĂ©s, trĂšs intĂ©ressĂ© par ce spectacle insolite. Ceux-ci sont placĂ©s Ă  cheval sur la chaussĂ©e et le trottoir, puis un soldat amĂ©ricain en brise la crosse d’un coup de talon violent.
Le lendemain matin de ce jour mĂ©morable, mon pĂšre retourna au bureau de poste pour inspecter la maison afin de s’assurer que rien ne manquait et prĂ©parer la rĂ©installation de la famille. Dans la cave il dĂ©couvrit deux Allemands qui s’y cachaient. Il les connaissait, car ils appartenaient au groupe de militaires occupant le bureau de Poste. Ils lui firent comprendre qu’ils voulaient se rendre. Papa alla donc chercher des soldats amĂ©ricains stationnĂ©s non loin de lĂ  et c’est ainsi, que mon pĂšre fit sans arme, deux prisonniers pendant la Seconde guerre mondiale.
Dans les jours qui suivirent, chacun raconta ce qu’il avait vu lors de cette journĂ©e exceptionnelle. Nous apprĂźmes ainsi, qu’à quelques dizaines de mĂštres du bureau de Postes, un Allemand retranchĂ© bloquait la progression des libĂ©rateurs dans la rue principale, Ă  la hauteur de la menuiserie Danger. Pour en finir, Il fallut qu’un AmĂ©ricain, cachĂ© derriĂšre les persiennes fermĂ©es d’une fenĂȘtre du premier Ă©tage de notre maison, le tue d’un coup de fusil. Pour ce faire il avait enlevĂ© une lamelle d’un des volets. La derniĂšre fois que je suis allĂ© Ă  Avernes, en juin 1986, cette lamelle manquait toujours au volet.
Avernes eut aussi sa femme tondue. Les jours suivant la LibĂ©ration, apparurent des FFI de fraĂźche date, qui Ă  dĂ©faut de combattre les Allemands dĂ©jĂ  partis, s’en prirent Ă  une malheureuse ayant poussĂ© la collaboration peut-ĂȘtre un peu loin, en accueillant chez elle des soldats ennemis. Au milieu du village, leur brassard tricolore bien apparent, ils firent asseoir la pauvre femme sur une chaise et, devant des spectateurs approbateurs, la tondirent totalement. L’opĂ©ration terminĂ©e, ils lui rendirent sa libertĂ© et elle se sauva en pleurs, sous les quolibets. A peine ĂągĂ© de dix ans Ă  l’époque, j’avais assistĂ© intĂ©ressĂ© Ă  cet Ă©vĂšnement inĂ©dit, qui m’avait paru alors dans l’ordre des choses.
Pendant les semaines qui suivirent la Libération, de nombreux convois américains traversÚrent le village, montant vers le front. Il faisait trÚs chaud et nous avions beaucoup de tomates au jardin cette année là.
Je me souviens. Je suis installĂ© devant la Poste avec un cageot de tomates devant moi et j’en offre aux militaires qui de temps Ă  autre s’arrĂȘtent. En Ă©change, je reçois des cigarettes, du chocolat ou des conserves que je vais porter triomphalement Ă  Maman.
Je me souviens Ă©galement d’un jour ou des hommes de la police militaire stationnĂšrent un moment devant le bureau de Poste, peut-ĂȘtre pour rĂ©gler la circulation. Je suis sorti et, debout au cĂŽtĂ© d’un de ces militaires, je regarde passer les camions et blindĂ©s amĂ©ricains. Pour me faire plaisir sans doute, il me pose son casque sur la tĂȘte et me met sa carabine entre les mains, dĂ©sarmĂ©e Ă©videmment. Quelle fiertĂ© pour un enfant de 9 ans et demi !

Pierre SIMON

6 avenue de Campagnan

34230 PAULHAN
Tel 04 67 25 23 47
Courriel : pierre.simon0315@orange.fr

monographie rĂ©digĂ©e en 1899 par l’instituteur

Les auteurs de ces monographies sont les instituteurs qui ont répondu à la demande administrative de leur hiérarchie de rédiger une étude communale.

Celle d’Avernes, rĂ©digĂ©e par l’instituteur M. EugĂšne VIDECOQ, et achevĂ©e le 24 septembre 1899, est richement documentĂ©e. C’est un fascicule de 104 pages illustrĂ©es.

Découvrir Avernes

Découvrir Avernes

Le village d’Avernes se situe au creux d’un large vallon creusĂ© par les eaux de ruissellement des pentes Nord des Buttes d’Arthies. Les eaux de plusieurs sources, dont l’une captĂ©e qui alimente en eau potable les communes adhĂ©rentes au S.I.E.V.A. s’ajoutent Ă  celles qui proviennent des buttes avant d’ĂȘtre canalisĂ©es Ă  travers l’agglomĂ©ration.

lire plus
le hameau de Gadancourt

le hameau de Gadancourt

Hameau de Gadancourt Cette commune a fusionnĂ© avec Avernes le 1er janvier 2018. Le petit hameau de Gadancourt a une position dominante exceptionnelle qui ne correspond pas Ă  une origine de groupement villageois, mais plutĂŽt Ă  l'implantation d'une abbaye dans un site isolĂ© et Ă  dĂ©fricher.L’habitat...

lire plus
Joseph Kessel

Joseph Kessel

PhotographiĂ© ici dans sa maison d’Avernes. Romancier, aventurier, journaliste et reporter, nĂ© le 10 fĂ©vrier 1898 Ă  Villa Clara (Argentine) et mort le 23 juillet 1979 Ă  Avernes (Val-d’Oise). Fils de Samuel Kessel, mĂ©decin juif d’origine lituanienne, Joseph voit le jour en Argentine avant de partir de l’autre cĂŽtĂ© de la planĂšte, Ă  Orenbourg, dans l’Oural, berceau de sa mĂšre. Il n’arrivera en France qu’en 1908.

lire plus
L’Orphelinat National des Chemins de fer Français

L’Orphelinat National des Chemins de fer Français

C’est dans notre village, en 1904 qu’Ă  Ă©tĂ© créé, Ă  l’initiative du Syndicat National des Cheminots, le premier orphelinat. Les fonds du syndicat Ă©tant insuffisant, c’est aprĂšs l’organisation d’un loterie nationale que fut achetĂ©, en 1911, le chĂąteau d’Avernes. Les premiers enfants y furent accueillis dĂšs le 25 mai 1911.

Avernes est donc, pour ce syndicat, le lieu emblĂ©matique de la crĂ©ation de cette Ɠuvre sociale.

lire plus
L’incendie de 1836

L’incendie de 1836

Au dĂ©but de l’hiver 1836, en pleine nuit, une maison de la rue de l’Ă©glise prend feu.

ImmĂ©diatement chacun se sent mobilisĂ© et vient en secours. Les moyens matĂ©riels de l’Ă©poque sont dĂ©risoires : ce sont les hommes se passant les seaux d’eau et l’utilisation des tonnes agricoles (ces internes remplies manuellement et pouvant transporter 1 000 litres, d’oĂč le nom).

lire plus
La gare d’Avernes

La gare d’Avernes

La gare d’Avernes sur un rĂ©seau ferrĂ© pour dĂ©senclaver les rĂ©gions agricoles « Une gare pour approvisionner Paris  » A partir de 1840, le rĂ©seau ferroviaire se dĂ©veloppe principalement sous forme de radiales depuis Paris.

lire plus
La justice Ă  Avernes

La justice Ă  Avernes

Toute justice émane du Roi
Il reprĂ©sente la loi et c’est Ă  lui que revient la charge de la faire appliquer. Mais dans l’organisation administrative du moyen Ăąge, le pouvoir royal est bien loin.

lire plus

Ferdinand de Caix, le dernier prieur d’Avernes 1735-1794

Ferdinand de Caix naquit le 6 septembre 1735, Ă  Ainval (Somme), le quatriĂšme de sept enfants. Il Ă©tait fils de FĂ©lix de Caix et de Marie-Anne Lepage. Celle-ci mourut veuve, Ă  FrĂ©mainville, le 21 juillet 1784. La famille paraĂźt avoir Ă©tĂ© de bonne bourgeoisie : un de ses frĂšres fut officier, un autre religieux. Ses livres de compte nous le rĂ©vĂšlent comme un prĂȘtre suffisamment Ă  son aise.

lire plus

La libĂ©ration d’Avernes

Plus de 60 ans se sont Ă©coulĂ©s depuis ces Ă©vĂ©nements et beaucoup de ceux qui en furent les tĂ©moins ou les acteurs nous ont quittĂ©s. Heureusement les tĂ©moignages qu’ils ont donnĂ©s et ceux des survivants nous permettent de connaĂźtre cette page d’histoire.

lire plus

La libĂ©ration d’Avernes (vu par P.SIMON)

Mes parents arrivĂšrent Ă  Avernes dĂ©but 1937, mon pĂšre y Ă©tant nommĂ© Facteur Receveur des PTT. J’avais alors moins de trois ans. Ils y vĂ©curent l’immĂ©diat avant guerre, la guerre et l’occupation, la LibĂ©ration et la pĂ©riode Ă©conomiquement difficile qui suivit. Fin 1951, mon pĂšre fut promu Receveur Ă  Mailly-Champagne (Marne) et nous quittĂąmes Avernes.

J’y ai donc passĂ© toute mon enfance, ma sƓur et mes deux frĂšres y sont nĂ©s, je m ‘y suis fait mes premiers copains, j’y ai vĂ©cu mes premiĂšres expĂ©riences heureuses et malheureuses.
C’est pourquoi ce village, tel que je l’ai connu Ă  cette Ă©poque, est restĂ© cher Ă  mon cƓur et j’Ă©prouve beaucoup de plaisir et de nostalgie Ă  l’Ă©voquer ici.

lire plus